CÔTES D'ARMOR - Patrimoine. Des entreprises au chevet des voix d'airain

Le Gihec, qui regroupe vingt deux entreprises spécialisées dans les cloches d'églises, tenait son assemblée générale ce week-end à Saint-Brieuc. L'occasion de visiter celles de la cathédrale Saint-Étienne.
Peu d'associations peuvent se targuer d'avoir dans leurs rangs sept entreprises classées « patrimoine vivant ». C'est le cas du Gihec (Groupement des installateurs d'horlogerie d'édifices et d'équipements campanaires), qui tenait son assemblée générale ce week-end à Saint-Brieuc, à l'invitation de l'entreprise Alain Macé et de son dirigeant Franck Perrin-Morel, campaniste de renom, qui en a profité pour faire visiter quelques-uns de ses illustres patients à ces professionnels venus de toute la France. Un campaniste, selon la définition arrêtée en 2007, est une personne qui oeuvre à installer, entretenir et réparer les installations de sonnerie des cloches dans les clochers. Auparavant, certes, le métier existait, mais il n'avait pas de nom. Cette profession regroupe moins de 300 personnes en France, au sein de 22 entreprises spécialisées.
Parcours vertigineux

Tous les deux ans, l'assemblée générale du Gihec, présidée par Paul Bergamo, dirigeant de la fonderie Cornille Havard, est organisée par un des professionnels du métier, qui fait partager quelques merveilles de sa région à ces touristes techniquement exigeants.
Passage obligatoire pour ces 40 passionnés : la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc, monument historique, dont les installations campanaires sont entretenues par les équipes de la SARL Alain Macé, basée à Trégueux. Les congressistes, habitués aux parcours vertigineux, n'ont pas hésité à se hasarder sur des poutres et voliges pour examiner sous toutes les coutures les six cloches de la cathédrale : dans la tour du nord, dite « tour Brieuc », qui abrite les deux bourdons, et dans la « tour Marie », ou « tour du Midi », qui abrite les trois plus petites cloches. La dernière cloche est logée dans la petite tourelle dite « de l'horloge », côté nord de l'édifice.

Régulation électronique

Le mécanisme, qui fait désormais largement appel à la régulation électronique, permet un impressionnant démarrage en douceur de la masse importante du grand bourdon : pas moins de quatre tonnes. Celui-ci a remplacé l'ancien bourdon en 1952, la nouvelle voix de la cathédrale ayant été coulée à cette date par la fonderie Cornille Havard. Tout le carillon de la cathédrale est mu selon la technique du « lancer franc », le plus utilisé en France (contrairement aux églises du Sud qui ont parfois des cloches « tournantes »). Un beau sujet de conversation pour ces passionnés de l'art campanaire.

© Le Télégramme