Côtes d'Armor - Cure de jouvence pour les cloches

Deux des trois cloches de Plourhan vont être restaurées, à Villedieu-les-Poêles. La troisième, Pauline, est en meilleure forme. Toutes seront installées sur roulement à billes. Un sacré chantier !

Pierre pèse près d’une tonne. La grosse Pauline 650 kg. Et Marie un peu moins de 500 kg. Pauline trône au-dessus de Pierre. Marie est installée à côté. Nous sommes dans le clocher de l’église de Plourhan, un bourg de 2 000 habitants, dans les Côtes-d’Armor, proche de la côte du Goëlo.

Pour voir de près les trois cloches, au tour de taille imposant, il faut montrer patte blanche auprès de Jean-Yves Le Jeune, le conseiller délégué au patrimoine. Et prévoir des vêtements pas fragiles : là-haut les escaliers sont étroits et les pigeons, pas gênés, signent leur passage à grands coups de fiente. C’est le royaume des courants d’air, de la poussière, et du vert-de-gris. Une ambiance hors du temps, dans un espace minuscule, presque tout entier occupé par les trois cloches.

On se faufile entre les poutres de la charpente. Nous voilà nez à nez avec Pierre. La lumière de l’après-midi joue sur ses irisations. La palette est riche, du bleu au gris, avec des touches vert céladon, et un peu d’argenté qui éclaire le tout. Le travail d’un bon siècle de corrosion subtile. « Vous verrez, lance Jean-Yves Le Jeune, quand elles seront refaites, elles seront beaucoup plus belles ! »

La bélière est faible.

Il montre une zone toute corrodée sur la cloche appelée Pierre. « La commune a un contrat avec L’entreprise Alain Macé de Trégueux qui vient chaque année examiner l’état des trois cloches. » C’est lors du dernier contrôle annuel que cette faiblesse a été décelée, au niveau de la bélière (l’anneau, à l’intérieur, auquel le battant est suspendu). Marie présente la même faiblesse. Pauline, elle, est en pleine forme.
Les cloches Marie et Pierre seront donc déposées, puis expédiées à Villedieu-les-Poêles pour être restaurées. Pauline ne fera pas le voyage. Mais toutes les trois auront droit à un nouveau support, sur roulement à billes. « Les cloches ont été installées en 1905, explique Jean-Yves Le Jeune. Elles n’ont pas bougé depuis. » Elles sont posées sur le beffroi, cette charpente en bois destinée à les supporter. L’élasticité du bois absorbe, mieux que la maçonnerie, les chocs, lorsqu’elles sonnent à toute volée. Mais, malgré une rénovation en 2003, le beffroi fatigue. Avec des roulements à billes, les mouvements seront beaucoup plus fluides. « On pourra pratiquement pousser les cloches à la main, assure l’élu. Actuellement, elles ont une inertie terrible. »
Ces travaux, évalués à 25 000 €, ont été retenus par la Fondation du patrimoine, pour une opération d’appel aux dons. 66 % du don est déductible des impôts (renseignements sur fondation-patrimoine.org/47719)

Source Ouest-France